Group Show

8 January - 12 February 2005

Paris



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Pour cette première exposition de l’année, la Galerie Nelson présente un ensemble des travaux de ses artistes, une manière pour eux d’investir “physiquement” le nouvel espace. Dessins, photos, peintures, vidéos et installations seront ainsi répartis entre le rez-de-chaussée et le premier étage.

Rez-de-chaussée:
Silvia Bächli dessine presque quotidiennement, à la gouache ou à l’encre liquide le plus souvent dans des tons de gris ou noir. La couleur y est généralement absente. Les dessins se présentent soit individuellement, soit sous forme de groupe. L’artiste présente ici un ensemble de 2001 composé de 16 dessins “Twelf”. Chaque dessin est placé très précisément sur le mur. Les espaces entre les dessins agissent comme des respirations. L’artiste aborde des thèmes variés, floraux, abstraits, des fragments de corps, des vêtements, des paysages et divers objets du quotidien, comme autant d’émotions, de sensations du quotidien.

Pedro Cabrita Reis propose souvent des installations monumentales qui interagissent avec l’espace dans lequel elles sont exposées. Some Other Time est une pièce qui reflète son processus de création et qui joue sur les différences de température créées par les différents matériaux eux-mêmes, en l’occurence le métal, le verre et le néon associés au bois. Elle est métaphore spatio-temporelle, recréant un nouvel espace dans un lieu existant et devient un “passeur de mémoire” avec la mise en place de temporalités différentes par l’usage des matériaux de récupération.

Avec Weinstock, Helmut Dorner propose une peinture aux tons clairs qui évoque un relief géographique vu de haut. Le mouvement de la laque et la forme du motif sur le plexiglas évoque aussi un continent.

Oxana de Pia Fries est un diptyque composé de sérigraphies sur bois à partir de laquelle l’artiste a peint des motifs abstraits obtenus par couches successives de peinture à l’huile. Utilisant les outils les plus variés, l’artiste compose avec énergie des peintures “radicales”, qui semble sculptées dans la matière.

Un drapeau américain inversé part du bureau de Philip Nelson et se termine dans l’escalier qui mène au 1er étage. From me to U.S est une peinture murale de Stéphane Calais avec une dimension humoristique. Une autre pièce de l’artiste, Bliss and delight, est un objet qui fonctionne comme une loupe et met en abîme le principe de grossissement : cette œuvre est faite avec du rhodoïd utilisé pour les rétroprojecteurs. Le motif de l’oeil peut ainsi être agrandi à nouveau.

Ken Lum, artiste très attaché aux relations que l’individu entretient avec la société dans laquelle il vit et les comportements qui nous animent, montre une œuvre de la série des “Shopkeepers” (les commerçants) : Paul’s Auto repair permet de laisser un message personnel sur un support publicitaire lié à un espace public ; le panneau de gauche définit l’être et son appartenance à la société tandis que le texte aux lettres amovibles dévoile les sentiments intimes et contradictoires de ce garagiste qui avoue son homosexualité au monde entier.

Guillaume Paris propose une nouvelle vidéo permanente : Devoted qui est une succession de
slogans religieux, anti-avortement, anti-français, pro-guerre que l’on retrouve sur les mugs, T-shirts et autres objets aux États-Unis. Présentés sur fonds blancs, ces slogans sont décontextualisés et apparaissent sur l’écran les uns à la suite des autres, comme un “matraquage” médiatique détourné. L’artiste, qui a repris ces slogans de sites Internet américains, montre comment les mots peuvent devenir dangereux. On peut également voir cette pièce à Néon (Lyon) dans l’exposition Devotion (jusqu’au 15 janvier 2005).



Parmi les photographes de la Galerie, on retrouve Thomas Ruff, avec la Substrate 17 I, série issue de mangas japonais dont l’image a été retravaillée de façon à ne garder que les couleurs de départ. L’image obtenue s’oriente ainsi vers une abstraction colorée. James Welling présente un photogramme, image unique obtenue après exposition du négatif à la lumière, de la série Screen qui questionne ainsi le médium photographique par l’exploration des couleurs, ici une déclinaison de la couleur rouge.

Chicken, vidéo sonore de Marie José Burki, met en scène un poulet plumé que l’on découpe, de manière précise, minutieuse presque clinique. L’artiste nous propose une vision brute de ce qui nous entoure, sans médiation. Elle se focalise sur un geste banal sorti ici du quotidien au moyen d’un plan fixe sur des mains anonymes qui découpent un poulet.

1er étage:
Didier Courbot expose une de ses dernières œuvres que l’on a pu voir récemment au Domaine de Kerguéhennec. Il s’agit d’une installation au sol composée de divers objets, insignifiants en eux-mêmes, mais qui servent ici à cerner une personne proche : livres, rosiers, un album de Titi, autant d’éléments qui la définissent. Ce “portrait” porte le titre Les Fougères (M.L.), les initiales se référant à la personne définie par ces objets.

Influencée par une longue tradition qui inclut l’Arte Povera ou encore Fluxus, les œuvres d’Helen Mirra, artiste américaine présentée pour la première fois à la galerie, se composent le plus souvent de matériaux simples, modestes, comme le feutre, les vêtements usés, des morceaux de bois. Ces éléments soit cousus, teintés ou assemblés, sont disposés au sol sous forme d’installations ou sont accrochés au mur de façon toujours minimaliste. Dupery se présente sous la forme d’un ruban de coton teinté, sur lequel sont tapés à la machine un index de William James (1842-1910), frère de l’écrivain Henry James, connu comme philosophe, psychologue et théoricien du rationalisme. La rencontre du texte poétique et la fragilité du support créent une dimension profondément sensible et délicate. Group rassemble 3 morceaux de palettes de bois peints, de différentes longueur, comme une construction inachevée, les lignes du bois dessinant un motif abstrait.

Matt Mullican possède un langage qui lui est propre et qui questionne notre manière de voir le monde. Son travail s’articule autour des “charts”, sorte de cartes imaginaires qui composent son univers et qui comprennent un Paradis, un Enfer et un espace intermédiaire. A cela, il ajoute toute une série de codes, de couleurs créant ainsi un langage, un univers régis par ses propres lois. Horizontal Chart et Vertical Chart sont deux cylindres en verre, posés sur un socle, sur lesquels sont dessinés ces cartes. Au mur, Fictional dead people se présente sous la forme de 8 collages sur papier mettant en scène la mort d’un personnage à la manière d’une bande dessinée.

Anne-Marie Schneider dessine de manière presque quotidienne, comme on écrit chaque jour dans son journal intime. Cette pratique du dessin lui permet ainsi de restituer le monde sous une forme anecdotique, en apparence anodine. Ses dessins sont souvent grinçants, entre humour et cynisme, une manière pour elle de sublimer le réel. Anne-Marie Schneider expose ici un ensemble de 5 dessins sur le thème de la noyade.